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La drépanocytose ne m’a empêché en rien !

Pour contribuer à notre site d’informations sur la drépanocytose, une belle jeune fille, pétillante et très engagée a bien bien voulu nous faire part de son témoignage. Intéressante elle est, courageuse elle est, ambitieuse elle est et drépanocytaire elle est. Dans cette interview qu’elle nous a accordée, découvrons ensemble un peu plus sur elle.

Je suis N’Diaye Fatoumata dite Tatey j’ai 20 ans et je suis étudiante en 3ème année de droit privé à la Faculté des sciences juridiques économiques et sociales de Mohammedia au Maroc. Je suis drépanocytaire et j’ai la forme SC.

Quand as-tu découvert ta drépanocytose ?
Je vais dire que je ne m’en rappelle pas trop mais d’après mes parents depuis que j’avais 6 mois ils ont découvert cette maladie. Je me rappelle quand même que j’avais souvent mal quand j’étais à la maternelle.
Comment tu vis cela depuis ?
Quand j’étais encore enfant je faisais des crises presque tous les mois parce que je ne respectais pas les conseils du médecin. Je me cachais pour boire de l’eau fraîche, je ne me protégeais pas du froid, je sortais sous la pluie, quand j’allais à la piscine je voulais faire comme les autres c’est à dire rester dans l’eau plus que le temps recommandé par le médecin. On va dire que j’avais la tête(rire). Je me rappelle de quelques crises qui ont marqué ma vie. La 1ère c’était en 2012 à la veille de l’examen pour l’obtention du Diplôme d’Étude Fondamental (DEF). Comme nous le savons tous le stress est un facteur déclencheur de la crise drépanocytaire. Je stressais beaucoup et malheureusement je suis tombée malade grâce à Allah et aux médecins du Centre de Recherche et de Lutte contre la Drépanocytose (CRLD) du Mali. J’ai pu passé mon examen le lendemain et j’y ai réussi HAMDULILAH.
Lorsque j’ai décroché mon baccalauréat et que je devais venir au Maroc toute ma famille et mes amis avaient peur pour moi à cause de la fraîcheur dans ce pays. Mais Dieu merci ici je n’ai pas fait trop de crises. La plus grave que jai faite ici c’était en Novembre 2016 et je crois que c’était la plus grave crise jusqu’à maintenant. Je fais moins de crise maintenant donc tout va bien.
Penses-tu que la drépanocytose t’aie empêché à réaliser quelque chose qui te tenait à cœur ?
Elle ne m’a pas du tout empêché de réaliser mes rêves. Avant je ne me faisais pas trop confiance je me disais que parce que je suis drépanocytaire il y a certaines choses que je ne pouvais pas faire mais c’est faux. Quand je me trouvais devant la masse je stressais et j’avais peur de tomber malade mais Hamdulilah j’ai vaincu cette peur de la masse et je ne stresse plus à cause de cela. La preuve j’étais présidente de l’Association des Stagiaires et Étudiants Maliens au Maroc (ASEM Section de Mohammedia) du bureau exécutif de 2016-2017. Je peux dire que les activités du bureau m’ont vraiment aidé à vaincre le stress et beaucoup d’autres choses.
Quel message souhaiterais-tu passer au public concernant la drépanocytose ou même à d’autres drépanocytaires ?
Le message que je souhaite passer est que vivre avec la drépanocytose ce n’est pas la fin du monde. Avant elle n’était pas connue mais de nos jours elle est sortie de son silence grâce au développement de la médecine. Croyez en vous et en vos rêves, soyez prudents, stressez moins et suivez les consignes de vos médecins. Au reste du monde j’aimerai vous dire de faire des dépistages avant de vous unir afin d’éviter la nombreuse naissance d’enfants drépanocytaires. Les drépanocytaires souffrent d’un mal indescriptible donc si vous pouvez épargner vos enfants de cette souffrance ce serait mieux.
J’aimerais remercier mes parents grâce à qui j’ai pu affronter cette maladie. Ils ont toujours été présents pour moi en période de crise. Merci Papa❤Merci Maman❤. Courage à tous les parents dont les enfants souffrent de drépanocytose, vous êtes de braves gens.